Cinéma,Musique... Mon ami Francis Ryck... Un court-métrage, "Claudius"... Un lien vers mon myspace music... Poèmes et vidéos... Philippe de Broca... Skorecki

mercredi 30 janvier 2008

La grande illusion

La grande classe. La façon dont Fresnay regarde sa montre avant de tomber.
J'ai lu adolescent un livre sur Jean-Pierre Melville qui racontait qu'il se baladait un jour dans la rue avec un ami et qu'il a remarqué un homme de dos qui ressemblait à Von Stroheim... il a crié : "Boeldieu, I beg you, man to man, come back!" ; l'homme s'est retourné et... c'était vraiment Eric Von Stroheim.



Ce film est évidemment cher à mon coeur, en dehors du fait que c'est objectivement un chef-d'oeuvre, car il y a Pierre Fresnay et que Fresnay est irrémédiablement rattaché à mon oncle Claude.
Le fait de savoir que, dans la vraie vie, c'est lui qui a fermé les yeux de Pierre Fresnay donne, pour moi, à cette scène une puissance particulière.
(Un peu plus à venir)



Quant à cette scène, elle me fait pleurer à chaque fois!

lundi 28 janvier 2008

Humeur du jour (olfactive)

Aujourd'hui, je suis allé voir mon cardiologue à bicyclette. Il m'a trouvé en forme et, ma foi, moi aussi je l'ai trouvé en forme. J'appelle mon cardiologue par son prénom, Antoine, et je le tutoie.
J'aime faire de la bicyclette dans Paris.
Comment aurais-je su que les arbres qui longent la station-service face à la Maison de la Radio étaient des tilleuls si je ne faisais pas de la bicyclette et si je ne les avais pas sentis un jour en pédalant dessous?
Faire du vélo dans Paris, c'est se coltiner les odeurs.
Mais il n'y a pas que les tuyaux d'échappements.
J'aime les jours d'après-marché que ce soit des Batignolles ou de Barbès, l'atmosphère indienne et ses fragrances d'encens et de curry du quartier de La Chapelle, les poulets rôtis de la rue Lepic, les odeurs de baguettes, toutes fraiches sorties du four.
En allant voir Antoine, un peu avant Montparnasse, une jeune femme m'a doublé, à bicyclette elle aussi, et une effluve de son parfum m'est parvenue.
J'ai tout de suite aimé, très iodé.
Et je me suis dit qu'il valait mieux dire à une femme : "J'aime beaucoup ton parfum, il est un peu iodé non?" plutôt que : "Tu sens bon, tu sens l'huître!".

Hal Hartley

La danse de "Bande à part" revue et corrigée par un cinéaste américain qui, bien qu'ayant un peu disparu de la circulation (ou bien c'est moi qui l'ai lâché), aura d'ores et déjà marqué le cinéma de son empreinte avec trois films : "The Unbelievable Truth" (1989), "Trust" (1990) et "Simple men" (1992)...
Très imprégné de la Nouvelle Vague donc et de Godard en particulier, Hartley n'en possède pas moins sa petite musique personnelle...

Simple Men

dimanche 27 janvier 2008

Hasards ou coïncidences (chose promise)

Je vous avais dit que vous n'y couperiez pas!
Avant toute chose, je voudrais remercier mon vieil ami Olive qui est à l'origine de tout (il n'y a pas de hasard!).
A sa sortie, je n'avais pas un bon feeling sur ce film que je ressentais limite comme un film de vacances de Lelouch.
Et puis récemment, je me suis souvenu qu'il m'en avait dit le plus grand bien et, me baladant, je suis tombé sur un dvd très bon marché que j'ai acheté.
Soyons franc, je suis totalement passé à côté de ce film qui est lelouchissime!
Tout y est : la Vie, l'Amour, la Mort... le hasard...
Il filme Alessandra Martines avec amour et elle est sublime, faisant une incroyable performance d'actrice. Je ne connais pas tout de sa filmographie mais je ne serais pas étonné que ce soit son meilleur film.
Et puis l'histoire lelouchienne que je vous avais promise de ma découverte de la chanson "For all we know" est là tout entière.
Le fait que le personnage black joué par Geoffrey Holder (quelle voix incroyable, presque irréelle! Il est d'ailleurs le narrateur de "Charlie et la chocolaterie" que j'avoue, à ma grande honte, n'avoir pas encore vu ) chante "you" à la place de "we" ne change pas grand chose.
Je vous en dirai plus un peu plus tard et surtout pourquoi c'est maintenant qu'il faut absolument défendre Lelouch!







For all we know we may never meet again
Before you go make this moment sweet again
We wont say good night until the last minute
I'll hold out my hand and my heart will be in it

For all we know this may only be a dream
We come and go like a ripple on a stream
So love me tonight; tomorrow was made for some
Tomorrow may never come for all we know

Le Cavaleur (1979)

Le film que j'ai le plus vu! Plus de 50 fois à ce jour! Je vous en reparlerai plus tard.
Juste vous dire que les dialogues sont d'Audiard et que ces petites scènes que j'ai choisies résument tout à fait la problématique de tout le film.

Edouard et Valentine sur un quai de gare


De retour au château


Edouard, Suzanne et...


... une de mes déclarations d'amour préférée...


Ce film développe tous les thèmes chers à de Broca avec une intelligence et une délicatesse rares ! (Ne vous inquiétez-pas, je n'en resterai pas là.)

Le jeune Fabre (1973)

Pour aller dans le sens de mon amie Arguin et de son blog à la nostalgie madeleino- proustienne, je trouvais ce générique romantique en diable et c'était une de mes séries préférées!
Certes, ce n'était pas les mêmes émotions que quelques années auparavant pour "Pépé le Moko" et "La Strada" mais c'était pile mes préoccupations du moment, mes préoccupations d'ado qui, déjà, ne jurait que par l'amour.
Je ne pouvais que me projeter dans le personnage de Mehdi et craquer sur Véronique Jeannot.
Et puis Montmartre (ne sont-ils pas mignons tous les deux?) , et la belle chanson de Demis Roussos!
34 ans plus tard, toujours le même picotement.
On ne vieillit pas finalement... on ne devient que des plus grands enfants, voilà tout...
Tout du moins, c'est comme cela que j'aime voir la chose!

dimanche 20 janvier 2008

Harry Nilsson "Without her"

Lui, je le connaissais sans le connaître. Tout le monde connaît le tube planétaire "Without you", c'est lui. Ou la chanson de "Macadam cowboy" "Everybody's talking", c'est encore lui.
Et puis, le blog de l'ami Louis... oui je sais encore Louis, encore lui...
Bref, je découvre donc grâce à lui-Louis ce chanteur incroyable.
Pour l'instant, je n'ai que son album "Schmilsson", qui, bien qu'inégal, contient quelques perles rares!
Et puis cette chanson "Without her" n'y figure bien évidemment pas.
J'ai entendu la version studio qui ne me plaît pas du tout mais à chaque fois qu'il la chante seul à la guitare, j'adore.
Je ne sais pas si cela a été enregistré sur un cd mais j'en doute.

Harry Nilsson "Without her"

"For all we know"

Chaque chanson a son histoire. Celle-ci est lelouchienne et, croyez-moi, vous n'y couperez pas.
Mais là, il est tard et je ne résiste pas à l'envie de vous montrer ce petit bidouillage.

"For all we know" chanté par Nat King Cole


samedi 19 janvier 2008

Bobby Fischer

Bobby Fischer est mort.
C'est un peu de mon adolescence qui fout le camp.
Je me revois étudier ses parties une par une, m'extasiant devant son audace ou mettant dix coups à comprendre la signification d'un de ses mouvements.
J'ai absolument toutes les parties que cet homme a jouées.
Oui, aux échecs, Fisher, c'était mon Dieu, comme Borg au tennis ou Paul Newman au cinéma...
Il n'a pas très bien fini, s'enfermant dans la folie et la haine.
Américain antiaméricain, Juif antisémite comme le dit l'article de Libé.
La comparaison avec Céline est tout à fait appropriée.
Je tenais juste à rendre hommage à un génie des échecs, homme à la fragilité exacerbée, fragilité qui l'a mené à une certaine forme de démence.
Ou comment l'on peut se ruiner soi-même. Par la seule force d'un cerveau pourtant brillant. (Il avait paraît-il un QI de 181, supérieur à celui d'Einstein!)
Les images de cet homme, vieilli et le regard perdu, en disent plus qu'un long discours.


lundi 14 janvier 2008

Le blues / Pura Fe'

Pura Fe’ est une artiste du label américain Music Maker. Trois de ses titres étaient présents dans l’album « MUSIC MAKER – The Lost And Last Blues Survivors » qui a reçu de multiples récompenses (Prix de l’académie du jazz 2005 – Choc Jazzman 2005…).
(c'est de là que je la connais d'ailleurs puisque j'ai acheté cet album!)

Pura Fe’ est indienne Tuscarora par sa mère et revendique l’influence de la musique indienne dans le blues. Chanteuse/auteur/compositeur, poète, danseuse, actrice, enseignante et militante, Pura Fe’ est l’un des membres fondateurs du célèbre trio vocal amerindien Ulali qu’elle a quitté récemment pour mener une carrière solo.
Sa voix pleine de feeling et son jeu de guitare acoustique lap steel (guitare slide jouée à plat sur les genoux) nous transmet le message ancestral du Monde Indigène et nous raconte comment l’histoire unit dans l’esclavage les Noirs et les Indiens du sud.
(extraits pris sur www.bluesweb.com)

"Blues Internacional"



"Scarlet's walk"

samedi 12 janvier 2008

de Broca

Je ne sais pas encore comment aborder ce chantier qui m'attend.
de Broca va prendre une place importante sur ce blog, c'est évident, inévitable.
Sera-ce en un article à la longueur extrême ou par petites touches?
Je n'ai pas encore choisi.

En attendant...

L'homme de Rio (1964) est généralement LE film que l'on voit en premier ou dont on se souvient lorsque l'on pense à de Broca.
C'est vif, intelligent, drôle. Françoise Dorléac (hélas absente de cet extrait) avait un chien, une nature qui manque cruellement à sa soeur à mon sens!
Deneuve n'a réellement approché le sex-appeal de Dorléac que dans "Le sauvage" un beau film de Rappeneau avec Montand.





"Claudius"

J'ai mis ce court-métrage, que j'avais fait peu de temps après le décès de mon oncle (en 98 déjà!), sur "You Tube".
Claude a travaillé toute sa vie pour le théâtre. Il aimait les acteurs. Il a été l'administrateur du théâtre de la Michodière et donc, le bras droit de Pierre Fresnay qui était aussi un peu son père spirituel.
Il a aussi été Directeur de ce même théâtre puis secrétaire de Jacqueline Cormier.
C'était un déconneur et nous étions très proches sur cela aussi.
Il a monté, lorsqu'il était directeur de la Michodière, une pièce d'un auteur tchèque Pavel Kohout qui s'appelle "Pauvre assassin" et qui est l'une des plus belles choses que j'ai vue de ma vie au théâtre. Claude Rich y était, comme souvent, fabuleux. J'avais vu la pièce six fois à l'époque (certes, j'avais mes entrées mais quand-même!).
La photo que j'utilise dans le court-métrage a été faite à la fin d'une représentation devant une multitude de célébrités des AFA (Artistes Français Associés qui n'existe plus) dont mon oncle était le trésorier.
Il avait trouvé le moyen de côtoyer des gens qu'il admirait sans forcément être lui sur le devant de la scène.
Il a quand-même joué un peu la comédie et notamment six représentations du "Neveu de Rameau" avec Fresnay où il était la doublure de Julien Bertheau. Il y a d'ailleurs une photo que j'aime beaucoup dans le court-métrage.
Il a une apparition avec Brialy dans "Et ta soeur" de Maurice Delbez (1958), un film avec Fresnay et Arletty.
Il joue un petit rôle en compagnie de son grand ami Robert Deslandes dans la pièce "Laurette" avec Michel Roux et Danièle Lebrun, filmée pour "Au théâtre ce soir" et qui est sortie en dvd dont je prends quelques images.
Il a une apparition en maître d'hôtel, un vrai beau gros-plan, dans "Voyage à Rome" (1992) de son ami Michel Lengliney.

Je pense souvent à Claude et il me manque mais je sais qu'il doit se marrer là-haut avec Brialy, Poiret et les autres...

Patrick Dewaere

C'est toute la magie de You Tube, la possibilité de tomber sur de jolies petites choses comme cette vidéo bricolée hommage à Dewaere.
Félicitations à Jonatan79 et à sa sensibilité. Il a utilisé la chanson de Raphaël (la seule vraiment très belle de son album "Caravane","Chanson pour Patrick Dewaere") et un petit bout de la bande-son de "Coup de tête". Les images sont essentiellement tirées de "F comme Fairbanks" et de "Coup de tête" justement.
Vous reconnaîtrez aisément la dernière phrase que j'ai moi-même utilisée dans mon bidouillage sur France Dougnac.

vendredi 11 janvier 2008

Bande à part

"Bande à part" porte presque à lui tout seul sur les épaules le poids de la légèreté de la Nouvelle Vague, de la ludique et joyeuse insouciance. Ce qui n'en tempère pas l'évidente profondeur.
Voir "Bande à part" à 19 ans en 1979, quinze années après sa sortie est un bonheur d'étudiant en cinéma sans limite. OUI ce film est largement aussi représentatif de la Nouvele vague qu' "A bout de souffle" et a influencé des générations de cinéastes.
("Dans Paris" de Christophe Honoré essaie de retrouver un peu cette ambiance avec plus ou moins de bonheur.)
Claude Brasseur et Sami Frey y accompagnent Anna Karina... tous les trois éclatants de jeunesse.
Il est désolant de ne pouvoir trouver ce dvd en France autrement que par le biais d'un import américain ou anglais...
J'aimerais tant le revoir ce film, l'un de mes préférés de JLG!

Et ce petit gag, emblématique du film!
Deux garçons et une fille se tiennent par la main ; trois gamins!

samedi 5 janvier 2008

Le blog d'une amie

Elle aime les indiens, les voitures, les bateaux, les motos, le cinéma, la musique, les années 50 bien entendu... et les mots... petits billets d'humeur joliment troussés.
Elle a parfois un sale caractère mais c'est mon amie et je l'aime.

http://arguinfrance.blogspot.com

mardi 1 janvier 2008

L'important c'est d'aimer









Pour tous les petits jeunots pour qui ce titre n'évoque qu'une chanson d'un faux bonze à bonnet, chanson nullissime au demeurant, voici l'origine de tout!
Ou comment le personnage joué par Romy Schneider prend toute la durée du film pour apprendre à dire : "je t'aime".
Un film magnifique à graver au fronton du panthéon de la cinéphilie!
Ecoutez la musique sublime de Delerue, comme dans "Le mépris" elle porte l'émotion.
Ce film est le seul film français valable de Zulawski qui passera le reste de sa carrière à courir derrière.
Romy, Dutronc, Kinski, Claude Dauphin... ils sont tous fabuleux! Et puis c'est le seul film (OK l'un des seuls films Monsieur Yves S., je n'ai pas vu "Le jardin des Finzi-Contini") où Fabio Testi joue vraiment la comédie...


La noirceur et la folie du monde! Pourquoi ce film est-il le plus beau, l'unique de Zulawski? Parce que chaque folie est différente... de la folie clown-triste suicidaire d'un Dutronc génial (c'est son meilleur rôle!) à la folie malsaine du pouvoir (Dauphin), en passant par la folie artistique et déjantée (Kinski),sans oublier la folie alcoolique, autrement dit le delirium-tremens (Michel Robin, extraordinaire comme d'habitude)... Romy et Fabio Testi se démènent au milieu de tout ça!


Car la folie n'est intéressante que couplée à une certaine "normalité"... normalité relative représentée par le couple vedette.
Dans les films qui suivront, Zulawski fera jouer tous ses acteurs dans l'outrance. Tous ces personnages seront des cinglés aux mimiques grotesques et yeux révulsés... et ça ne marche plus.
Trop de folie tue la folie!


lundi 31 décembre 2007

GODARD


GODARD GODARD GODARD GODARD


GOD ART ART GOD DARD GO DARD DARE DARE GO GO




Une vénération bien réelle pour ce film! Même les godardophobes peuvent l'aimer ce film, ainsi qu' "A bout de souffle" et peut-être "Pierrot le fou" et puis quoi?

Godard est le seul cinéaste abstrait au monde... il est en avance sur tout...
Le grand malentendu, c'est de le taxer de cinéaste intello...alors qu'il est avant tout érudit! Godard, ce sont ceux qui ne l'aiment pas qui en parlent le mieux... ou ceux qui l'aiment vraiment avec le coeur... Bien souvent, j'ai entendu de pseudo spécialistes parler de Godard avec un air pincé du cul de ceux qui savent... Conneries et foutaises... Si vous n'êtes pas touché par une toile abstraite, on pourra vous faire des commentaires jusqu'à la Saint- Glinglin, vous en saurez un peu plus mais vous n'aimerez pas pour autant...
Godard m'a souvent (pas toujours!) touché au coeur... c'est comme ça, ça ne s'explique pas. Et souvent, lorsque des fans de Godard parlent de lui, j'ai l'impression que l'on ne parle pas de la même personne...
Je me souviens de "France/tour/détour/deux enfants..." en 77, une mini-série pour la télé. Je regardais ça avec fascination... et pourtant... une petite fille qui se sert du lait au ralenti, un homme qui court sur une piste d'athlétisme sur une chanson de Ferré... Ne me demandez-pas! Ca m'a marqué... c'est comme ça...qu'est-ce que j'aimerais que l'on édite tout ça en dvd un jour!
JLG, je l'ai abandonné il y a un petit moment déjà et pourtant il est encore là, bien présent..."Le petit soldat", "Bande à part", "Vivre sa vie", "Masculin-Féminin", "Sauve qui peut la vie","Prénom Carmen","Week-End", "Made in U.S.A", "Je vous salue Marie","Une femme est une femme"(sa version des "Jeux de l'amour" de de Broca, mais j'ai juré de ne pas en parler là tout de suite, plus tard de Broca, plus tard, c'est l'heure de ma piqûre, je vous expliquerai)... J'aime l'émotion que me procure Godard et quand il m'ennuie, car ça arrive bien sûr, eh bien je passe mon chemin, comme au musée devant une toile qui ne me parle pas!
Et puis Godard, quand il parle du cinéma ou de son travail, c'est tellement jouissif!

Le regard de France Dougnac













Qu'est-elle devenue France Dougnac?
Je pense souvent à elle.

J'avais 16 ans, je commençais à aller pas mal au cinéma. Je l'avais vue dans "Les mal partis" puis dans "Une fille cousue de fil blanc".

Puis il y eut ce rôle assez court mais très marquant dans "Coup de tête", pour moi le meilleur Annaud et de loin... (et oui... même "Le nom de la rose" ne me transporte pas, n'importe quel tâcheron américain un peu technicien aurait pu faire pareil, "L'amant" est trop léché pour me toucher vraiment, "L'ours" est gentillet ...et si les cinéphiles vous sortiront "Noirs et blancs en couleurs" qui s'est aussi appelé "La victoire en chantant", eh bien qu'ils se le gardent!).

"Coup de tête" avait en plus l'intérêt évident de démontrer que Dewaere pouvait être à l'aise dans le registre de la comédie, si tant est que celle-ci soit un peu intelligente et profonde. Il le démontrera encore avec maestria dans "Psy" de de Broca, film bancal mais intéressant dans la carrière de l'auteur dont je serai bien obligé de vous parler un jour (l'auteur) car j'en suis un fan quasi inconditionnel (je l'ai même rencontré à trois ou quatre reprises mais chaque chose en son temps!).

Revenons au regard de France Dougnac...

Toute cette partie du film, entre le moment où Dewaere échappe à ses surveillants et le moment où il se fait reprendre est comme suspendue... On oublie un peu le foot, la connerie masculine, le pouvoir des supporters... c'est enfin l'intrusion du féminin... j'ai d'ailleurs toujours trouvé que ces séquences passaient trop vite.

Un jour que je préparais un court-métrage, je parlai de ce regard à l'actrice principale, lui disant que pour moi, il y avait tout dans ce regard. Elle est amusée, intriguée, étonnée, elle commence à se poser des questions, elle tombe amoureuse mais le sait-elle vraiment?...

Après lui avoir montré la scène, elle observa un silence et me lança :

- Oui... bon eh bien, c'est un regard, voilà tout! Il a rien de spécial ce regard!

Je sus dès cet instant que je m'étais peut-être trompé dans mon casting. Nos relations furent compliquées sur le tournage mais pour d'autres raisons...Au final, le film existe et c'est ce qui compte... il alla même dans deux ou trois festivals. (dont Clermont, que demander de plus? Le vendre, oui je sais!)

Finalement, en revoyant les images aujourd'hui, je me dis qu'elle avait probablement raison. J'ai tout projeté de mes propres désirs. Une trop grande envie d'aimer très certainement!

Mais ce qui me rassure, c'est que, même si je suis prêt à admettre qu'il n'a au fond rien de spécial ce regard, moi, j'y vois toujours la même chose.

"L'important c'est d'aimer".

P.S : excusez la qualité de la vidéo mais elle est faite maison dans la pure tradition artisanale.
Pas évident d'avoir la web cam dans une main, la télécommande du lecteur dvd et la souris de l'ordinateur dans l'autre.

dimanche 30 décembre 2007

Myspace Music















J'ai une adresse Myspace Music

http://www.myspace.com/pierresimonet

où vous pouvez aller écouter quelques uns de mes essais musicaux.
La personne avec laquelle je suis sur la photo s'appelait Brian Medlin.
Philosophe Australien, professeur à l'université d'Adélaïde, leader du mouvement de protestation anti-guerre du Vietnam, poète... et... beau-père de mon ex grand-amour (Reb, qui chante sur le deuxième morceau).
Lorsque j'ai lu son texte "Yesterday I called around", j'en suis instantanément tombé amoureux. J'ai essayé de le mettre en musique. J'espère que vous aimerez le résultat...
Vous pouvez visualiser les paroles en cliquant sur "Lyrics".

Brian nous a quitté le 27 Octobre 2004.
Il n'a jamais entendu la chanson. J'espère qu'il l'aurait aimé!

Hello Mate! I miss you.

AUDIARD



Déjà la Seine charrie des poissons morts.
Il n'y a plus qu'à s'asseoir sur un banc et attendre. La fin du monde est pour dimanche.
Le plus tôt sera le mieux.
Ils ont tondu Quenotte le dernier jour d'août 44.
C'est déjà loin, mais je me souviens. Je me souviens de tout. On l'appelait Quenotte à cause de ses incisives qui lui donnaient une drôlerie d'écureuil. C'était une gentille et fidèle amie. Ses parents tenaient un "Charbons, Vins, Liqueurs" rue Saint-Jacques, tout près du Val-de-Grâce. Il y avait des margotins et de l'anthracite dans la petite vitrine et une porte verte.
La bombe, l'énorme, la super H, pétera un de ces matins! C'est sûr, c'est écrit.
/......../ - il paraît indispensable d'énoncer les règles de ce qui, sinon, pourrait avoir l'apparence d'un jeu... car je n'ai pas du tout l'esprit à jouer... un certain temps déjà que je ne joue plus... à rien... depuis qu'une auto jaune a percuté une pile de pont sur l'autoroute du Sud et qu'un petit garçon est mort.

"La nuit, le jour et toutes les autres nuit"
Michel Audiard


C'était aussi ça Audiard! Un superbe écrivain avec un talent à la Céline!
Il vient de perdre son fils dans un accident et il mélange sa douleur présente avec ses souvenirs de la libération. Un grand livre! Trouvez-le! Lisez-le!

La jurisprudence "Pépé le Moko"

(à mes parents avec tout mon amour)

On passait "Pépé le Moko" à la télévision. Je ne sais plus trop l'âge que j'avais mais je n'étais pas vieux. Ce devait être peu de temps après que j'aie vu "La Strada".
J'avais regardé avec mes parents plus de la moitié du film.
Et puis il m'ont envoyé me coucher car j'avais école le lendemain.
Je ne l'ai pas supporté ; j'ai pleuré presque toute la nuit d'avoir été privé de la fin du film.
Du coup, en toute intelligence, mes parents ont décidé que, dorénavant, si je voyais le début d'un film, j'aurais le droit, de fait, d'en voir la fin.
Vous vous doutez bien que je me suis toujours arrangé par la suite pour voir le début des films.
Cet évènement sonna le début de ma carrière de cinéphile et m'aida à gagner quelques places au concours d'entrée à Louis-Lumière lorsque je racontai l'histoire à Pierre Maillot, professeur d'écriture de scénario et examinateur à l'oral de l'examen qui me demanda, pendu à mes lèvres, si j'avais finalement réussi à voir la fin.
Je le rassurai et lui racontai tout en détail.
Je fus finalement accepté et intégrai l'école mais ça, c'est une autre histoire!

La Strada

J'avais neuf ans. C'était à la télé et le cinéma entrait dans ma vie par la grande porte. J'avais aimé les petites chicaneries que "Le fou" (Richard Basehart) faisaient à Zampano (Anthony Quinn) tout au long du film... Puis Le Fou meurt et , plus tard, on apprend que Gelsomina (Giulietta Masina), qui avait accompagné Zampano sur les routes, est morte elle-aussi... et Anthony Quinn se retrouve à la fin, seul sur la plage. Il regarde le ciel et semble comprendre, pour la première fois de sa vie, l'horreur de sa misérable existence. J'ai pleuré, avec mes larmes d'enfant, sur les larmes de cet adulte... Je n'ai jamais tout à fait retrouvé l'émotion pure de cette âme enfantine mais le cinéma ne m'a jamais quitté et ne me quittera jamais...
Bizarrement, après ça, même enfant, je n'ai jamais accroché aux dessins animés de Walt Disney, leur préférant toujours des films avec de vrais êtres humains... Fellini m'avait fermé la porte d'un cinéma de l'enfance me propulsant illico et sans égard directement dans un cinéma adulte encore bien plus magique à mes yeux !

vendredi 28 décembre 2007

Send in the clowns (Merci Louis)

Chanson magnifique dont il faut absolument comprendre le texte... ou du moins essayer. Et comme je ne suis pas chien, je vous le communique après les vidéos.
Pour ceux qui, comme moi,seraient tombés amoureux de cette chanson, le blog Skorecki, dont je donne l'adresse en bas de page, s'impose. Il y a plusieurs versions sublimes, une explication de texte par Stephen Sondheim (l'auteur-compositeur) lui-même, bref, un must de l'ami Louis!

Dame Judi Dench


Isn't it rich?
Are we a pair?
Me here at last on the ground,
You in mid-air.
Send in the clowns.

Isn't it bliss?
Don't you approve?
One who keeps tearing around,
One who can't move.
Where are the clowns?
Send in the clowns.

Just when I'd stopped opening doors,
Finally knowing the one that I wanted was yours,
Making my entrance again with my usual flair,
Sure of my lines,
No one is there.

Don't you love farce?
My fault I fear.
I thought that you'd want what I want.
Sorry, my dear.
But where are the clowns?
Quick, send in the clowns.
Don't bother, they're here.

Isn't it rich?
Isn't it queer,
Losing my timing this late
In my career?
And where are the clowns?
There ought to be clowns.
Well, maybe next year.

jeudi 27 décembre 2007

You're a Lady (Spéciale dédicace)

J'ai hésité à mettre cette vidéo avant de réaliser que mes réserves étaient plus suspectes que le clip lui-même, un peu difficile par moment, et pour cause.
Pourtant, ni complaisance, ni voyeurisme... non, simplement une magnifique interprétation d'une magnifique chanson avec, dans les choeurs, des gens... "différents".
C'est notre regard qui doit changer... Je réfléchis tout haut... et tout seul... mais les commentaires éventuels sont les bienvenus.

Du coup, je m'en veux un peu de ne toujours pas avoir vu le film dont le dvd traîne sur une de mes étagères!

RECTIFICATIF : Je m'en veux d'autant plus que, si je l'avais vu, mes réserves seraient tombées d'elles-même puisqu'il s'agit apparemment d'un jeu où chacun doit trouver l'idiot, le clown qui est en lui... tous ces gens étant tout à fait normaux... difficile de le deviner!
Un double merci à Yves S., destinataire de cette dédicace, de m'avoir expliqué que mon malaise n'avait pas lieu d'être et de m'avoir dévoilé le pot aux roses!
Mais, du coup, et en dernière analyse, mon malaise n'a-t-il vraiment pas lieu d'être?


(Dédicace à Yves S. Merci de m'avoir fait découvrir ce clip. Courage pour tes trads! Tu sais que je prendrai plaisir à les lire! A très vite!)


Tant qu'il y aura Woody

Le cinéma? Ou le rêve de cinéma comme dit Louis?
Et quand les deux se confondent?

"I'm through with love" est bien évidemment chanté originellement par Marilyn dans "Some like it hot" mais comme You Tube me l'a refusé, vous devrez vous contenter de cette version aérienne poéticomique...

dimanche 23 décembre 2007

Julie Gayet


Il faut savoir faire son coming out parfois!
La belle a sa vie, il y a peu de chance que nos chemins se croisent (quoique, si je me bougeais enfin pour faire un film, j'irais bien évidemment la solliciter!) mais je le dis haut et fort, j'aime Julie Gayet! La chose est d'autant plus étrange que je ne peux décemment pas me considérer comme un fan car je suis bien loin de connaître son travail sur le bout des doigts!(En fait, je ne le connais quasiment pas ce qui est un comble, je l'ai même souvent aperçue dans des films disons plus que moyens pour être gentil).
Non, j'aime ce qu'elle dégage, j'aime ses réponses aux questions formatées des interviews... on a plein de goûts en commun en plus!! Quoi de plus naturel, elle est Gémeaux-Rat comme moi... elle est du 3 juin, je suis du 2. Bon, certes, nous avons 12 ans d'écart et alors? La vie est mal faite!
Pour beaucoup, le rêve a pour nom Angelina Jolie ou Monica Bellucci, pour moi, c'est définitivement Julie Gayet!!

vendredi 21 décembre 2007



Ma pomme au mariage de la soeur d'un de mes meilleurs amis! (Merci à Marc pour cette photo!)

Jeff Beck

L'orchestre s'éclate... Jeff aussi. L'osmose improbable a lieu... l'émotion est là non? Et voir jouer un maître d'aussi près est un rêve de guitariste.

Bibi Tanga et Le professeur inlassable

Ah ce Jean!! Jamais là où on l'attend! La musique est un sacerdoce! Il n'empêche! Je passerais bien lui faire un petit coucou un de ces quatre au Professeur!



Je ne devrais pas dire ça d'un ami mais j'ai acheté, depuis que j'ai posté cette vidéo, cet album du Professeur Inlassable et de Bibi Tanga.
J'en aime l'idée, la démarche, mais il m'a un peu déçu!
S'il vous plaît, écoutez et achetez son premier album! Il est beaucoup plus beau, plus risqué, plus authentique, plus fou, plus magique, plus frais, plus insouciant, moins commercial, moins opportuniste! Excuse moi Jean!

Touch and go / Would you

C'est top ce riff de trompette! En même temps, le clip vaguement underground est sympa aussi.

vendredi 14 décembre 2007

Funérailles Francis Ryck

Vous pouvez aller faire un tour à l'adresse suivante pour lire mon premier blog.
Un sujet qui me tenait à coeur.
http://pierrino27.blog.fr/

Francis Ryck





Tout a commencé sur un quai de gare. Un livre à choisir sur un tourniquet pour faire passer agréablement le temps d'un voyage à présent oublié.

Dans ma mémoire, le polar de poche édition Carré Noir me saute littéralement dans la main, me choisissant autant que je le choisis et, si ça ne s'est évidemment pas passé réellement comme ça, c'est l'image qui reste ancrée en moi, plus sûre que celle d'un film que l'on connaît par coeur.
Je ne savais pas, à l'époque, l'importance que ce petit geste anodin allait avoir sur ma vie.
Le titre du bouquin était "Effraction", l'auteur Francis Ryck.
Je ne suis pas un lecteur glouton, comme certains qui peuvent dévorer un livre en deux ou trois heures maximum, ne le lâchant plus du début à la fin. Non, je lis lentement car je joue toutes les phrases et tous les dialogues comme dans un film, passant du off au in. Et, lorsque j'aime un livre, je suis tellement heureux de le lire que j'aimerais que ce bonheur ne s'arrête jamais et je fais tout pour faire durer le plaisir. Dans le cas d'un excellent polar, cela relève parfois de l'héroïsme.
Ce dont je suis sûr, c'est que je n'ai pas fini "Effraction" dans le train mais dans mon lit, dans ces moments calmes qui précèdent le sommeil.
Je me souviens de ce léger frisson qui m'a parcouru et de cette vague envie de pleurer, juste avant de refermer le livre, deux symptômes indiquant chez moi une rencontre inoubliable avec un roman.
J'avais 19 ans et n'étais pas très avancé sur les choses de la vie. Sorti d'un collège catho (je ne renie et ne regrette rien d'ailleurs), éducation bourgeoise et aisée avec parents aimants, je n'étais pas vraiment préparé à me prendre d'affection pour Val, braqueur de banque assassin, personnage lourdaud semant la mort autour de lui. Le personnage principal d' "Effraction" qui prend un couple en otage. Je n'ai jamais réussi à voir le film de Duval tiré du livre mais je suis sûr que c'est une catastrophe. Ce que je sais, c'est que l'auteur le haïssait.
Comme souvent lorsque je tombe amoureux, que ce soit d'un livre, d'un album musical ou d'un film, il me faut découvrir au plus vite les autres oeuvres de l'auteur.
C'est ainsi que je lus tous les romans de Ryck qui me tombaient sous la main, et Dieu que c'était facile à l'époque. On pouvait trouver pratiquement toute son oeuvre à la série noire dans toute librairie digne de ce nom. C'était avant... bien avant. Epoque bénie que l'on n'a peut-être pas su apprécier suffisamment.
"Prière de se pencher au dehors", "Nos intentions sont pacifiques", "Paris va mourir", "Voulez-vous mourir avec moi?","Le testament d'Amérique", "Les chasseurs de sable","Les fils des alligator","L'incroyant", "La peau de Torpedo", "Le compagnon indésirable" etc... Je ne peux pas tous les citer. Ryck avait déjà écrit 18 romans à la Noire à cette époque. Je les ai tous lus, méthodiquement. Aucun ne m'a vraiment déçu. Même ses oeuvres des débuts à la série noire, considérées comme mineures, telles que "Opération Millibar" ou "Incognito pour ailleurs" trouvaient grâce à mes yeux. Bon, il faudrait sûrement que je les relise maintenant pour m'en faire une idée plus objective.
Très vite, je connaissais donc toute l'oeuvre de Ryck à la Série Noire.
C'est là que je pris la décision de lui écrire. J'aimais cet auteur par dessus tout, j'étais épris de ses personnages que j'avais l'impression de connaître, qui me parlaient. J'aimais son discours sur la vie, son ouverture au mystère. Je désirais rencontrer l'homme. Tout en étant conscient du risque important d'être déçu.
Je pris mon stylo Bic d'étudiant à la Fac et m'attelai à la tâche, un peu inconscient.
Je ne sais plus exactement la teneur de cette lettre. Ce dont je me souviens, c'est que c'était une vraie déclaration d'amour, sans ambiguïté, à un auteur et à son oeuvre. Avec un petit ultimatum gonflé du style, "si vous êtes la personne que je crois que vous êtes, vous ne pouvez pas ne pas me répondre...", et un autre passage poétique citant une scène de "Prière..." qui m'avait marqué, la mettant en perspective avec la situation.
Je l'ai donc écrite et envoyée aux éditions Gallimard cette lettre, n'en attendant rien de spécial pour être franc.
Puis, un jour, il y eut un coup de fil. Et ce coup de fil était pour moi. C'était lui, c'était Francis Ryck.
J'étais étonné, heureux et un peu intimidé.
La voix était chaude et douce, un peu traînante, étrangement masculine et féminine en même temps, assez fascinante en fait.
Car, au tout début, pour moi, Francis Ryck ne fut qu'une voix. Une voix que je ressentis instantanément comme une voix amie, une voix importante... sans réellement pouvoir me l'expliquer.
Le premier échange fut rapide et évident. "C'est trop bête, j'étais à Paris très récemment, on aurait pu se voir. Là, je suis redescendu... j'habite dans le sud...".
J'avais l'impression de marcher sur un nuage. Ma lettre ne devait pas être si mal que ça finalement.
(A suivre)

Poèmes

J'ai écrit ces petits poèmes il y a... quelques années déjà !



Ma seule lettre d'amour
Dans un sac envolée
Gare de Lyon en plein jour
Et jamais retrouvée

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Tout simplement s'asseoir quelque part en silence
En vidant l'intérieur de toutes ses tempêtes
Oublier un instant jusqu'à son existence
Sentir le monde entier, bien vivant dans la tête
Laisser faire ses pensées, ne pas lutter contre elles
Comme d'une rivière regarder le courant
Etre un petit maillon d'une chaîne infinie
La parcelle d'un géant au corps qui nous englobe
Que l'on ne sait nommer faute de le connaître
Mais nous fait devenir le frère de tous les êtres

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Que j'aime le regard du dauphin quand il rit
Petit bouddha des mers ta sagesse résonne
Aux oreilles des hommes qui ne t'ont pas compris
Et qui s'évertueront à percer ton mystère
D'humour et de non-dit

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A regarder les choses sans vouloir les nommer
Dégageant sa conscience du moindre sentiment
Retrouvant le regard naïf du nouveau-né
On arrive un instant à regarder vraiment

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Dans les nuits infinies de solitude froide
Où la beauté des choses ne fait plus frissonner
Mon coeur qui est ouvert à bien d'autres éclats
Je t'attends

Au fond des mille bouteilles qui m'ont accompagné
Anesthésiant le mal que ton absence inflige
Et pour tous les baisers que je n'ai pas donnés
Je t'attends

Pour éviter la mort de l'amour qui se perd
Pour donner sans avoir l'impression de prêter
Et partager ensemble des océans d'étoiles
Je t'attends

Pour ne plus m'arrêter sur de noires inconnues
Qui prirent impunément ce qui t'est réservé
Et bafouèrent notre amour avant même qu'il ne naisse
Je t'attends

Pour me perdre radieux dans ton regard sans fin
Et pour te voir sourire rien qu'à me regarder
Pour nous faire un enfant, l'écouter s'amuser
Je t'attends

C'est sûr les dieux là-haut cherchent à m'éprouver
Les jours passent sans toi augmentant ma souffrance
Mais je sais que je t'aime, que depuis ma naissance
Je t'attends

Skorecki

Amis de Libé et autres, je suis allé sur le blog de Louis Skorecki aujourd'hui. Je ne ratais pas une chronique de ce magicien fou des mots, ciné-fils, mélomane and so on... Un peu fou, un peu crispant parfois, mais vivant et passionné! Libé n'a plus Skorecki mais son blog est une caverne d'Ali Baba magique et attachante. Allez-y! skorecki.blogspot.com